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Vous savez que c’est irrationnel. Pourtant, votre mental continue.

30 sept.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 oct.

Femme assise près d’une fenêtre dans un intérieur lumineux, illustration des pensées envahissantes.


Vous savez que c’est irrationnel.

Vous savez que ce scénario a peu de chances d’arriver. Que cette conversation ne mérite probablement pas d’être rejouée encore et encore dans votre tête. Que vérifier une nouvelle fois ne changera sans doute rien.

Et pourtant, le mental continue.


« Je sais que ce n’est pas logique… mais ça ne change rien. »

Il revient sur ce qui a été dit, anticipe ce qui pourrait arriver demain, cherche encore une réponse, une certitude, quelque chose qui permettrait enfin de se rassurer.

C’est souvent ce qui rend les pensées envahissantes liées à l’anxiété si fatigantes : une partie de soi sait, mais une autre continue à rester en vigilance.


Pourquoi certaines pensées prennent-elles autant de place ?


Femme assise dans un intérieur parisien lumineux avec quelques touches bleu profond.

Nous avons tous des pensées qui reviennent. Après une conversation importante, avant un rendez-vous, lorsqu’une décision doit être prise ou simplement parce qu’une situation nous préoccupe.

La différence se situe souvent dans notre capacité à revenir ensuite à autre chose.


Est-ce que j’ai bien fait ? Et s’il se passait quelque chose ?


On cherche alors une réponse qui permettrait de se sentir enfin tranquille. Le problème, c’est qu’une réponse peut très vite faire naître une nouvelle question.

Ce n’est pas forcément le fait de réfléchir qui épuise. C’est surtout de ne plus réussir à passer à autre chose.


« Je sais que c’est irrationnel » : pourquoi cela ne suffit pas toujours


Il existe une différence importante entre comprendre une situation et se sentir réellement en sécurité dans cette situation.

On peut savoir qu’une peur est disproportionnée et sentir malgré tout le ventre se nouer. Se dire qu’une personne ne nous en veut probablement pas et continuer à repasser la conversation dans sa tête. Ou savoir que l’on a déjà tout vérifié, tout en ressentant le besoin de contrôler une dernière fois.

Le psychiatre américain Aaron T. Beck, à l’origine de la thérapie cognitive, a notamment travaillé sur ce qu’il appelait les pensées automatiques : ces interprétations qui apparaissent rapidement face à une situation et qui peuvent influencer ce que nous ressentons.

Dans Cognitive Therapy and the Emotional Disorders (1976), il développe notamment l’idée que notre réaction émotionnelle n’est pas uniquement liée à ce qui se passe, mais aussi à la façon dont nous interprétons ce qui se passe.


Comprendre une pensée ne suffit pas toujours à calmer ce qu’elle déclenche.


En séance, j’entends souvent : « Je sais que je me fais des films… mais je n’arrive pas à arrêter. »

Et c’est justement là que le raisonnement atteint parfois sa limite. La personne a compris. Elle sait. Mais une partie d’elle reste malgré tout en alerte.


Quand anticiper devient une façon de rester en vigilance


Anticiper peut donner une sensation de sécurité.

Préparer tous les scénarios possibles pour une réunion. Rejouer une conversation pour tenter de comprendre ce que l’autre voulait vraiment dire. Imaginer ce qui pourrait arriver pour ne pas être prise au dépourvu. Vérifier encore une fois pour, peut-être, enfin se détendre.

Le mental essaie parfois de protéger.

Le problème apparaît lorsqu’il ne trouve jamais le moment où tout est suffisamment certain pour pouvoir s’arrêter.

Il reste toujours un « et si… ? »

Et pendant ce temps, le corps peut lui aussi rester un peu mobilisé : respiration moins ample, épaules tendues, mâchoire serrée, sommeil moins profond, difficulté à vraiment se poser.

Certaines personnes me disent qu’elles ne sont jamais vraiment « off », même lorsqu’elles ont objectivement toutes les raisons d’être tranquilles.


On peut savoir que tout va bien sans réussir à se sentir vraiment tranquille.

Une journée peut être terminée, les obligations accomplies, les mails fermés… et pourtant quelque chose continue intérieurement à surveiller.


Retrouver de l’espace plutôt que chercher à faire le vide


Femme près d’une fenêtre dans une lumière douce avec des accents bleu profond.

Face à un mental très actif, le premier réflexe consiste souvent à vouloir l’arrêter.

Il faut que je pense à autre chose. Il faut que je me calme.


Mais plus on lutte contre une pensée, plus elle peut parfois prendre de la place. Il y a la pensée elle-même. Puis l’agacement de constater qu’elle est encore là.

L’objectif n’est donc pas forcément de réussir à « faire le vide ». Il peut être beaucoup plus intéressant d’apprendre progressivement à laisser une pensée être présente sans lui donner toute la place.

C’est aussi à cet endroit que le corps peut devenir un point d’appui.

Sentir le contact du dos contre un fauteuil. Revenir à sa respiration. Observer les sons autour de soi. Sentir les pieds au sol. Prendre conscience de la pièce dans laquelle on se trouve.

Autrement dit, remettre un peu de présent là où l’attention était entièrement absorbée par ce qui pourrait arriver, ce qui aurait dû se passer ou ce que l’autre a peut-être pensé.


« Est-ce que je peux rester présente même si cette pensée est là ? »

Peu à peu, la pensée peut continuer à exister sans occuper tout l’espace.


Quand les pensées envahissantes s’inscrivent dans l’anxiété


Lorsque les pensées en boucle s’accompagnent d’une anticipation permanente, de tensions physiques, d’une difficulté à se détendre ou d’un sentiment de vigilance presque constant, elles peuvent s’inscrire dans un état plus global de stress ou d’anxiété.

C’est précisément dans ce contexte que j’accompagne les personnes au cabinet à Neuilly-sur-Seine et en visio.

L’idée n’est pas de supprimer toutes les pensées. Il s’agit plutôt de travailler sur ce qui se passe autour : la vigilance, l’anticipation, le besoin de contrôler, la relation au corps et la possibilité de retrouver progressivement davantage de sécurité intérieure.



Quelle place peut avoir l’hypnose ?


En séance, je ne cherche pas à faire disparaître une pensée à tout prix.

Le travail consiste davantage à déplacer l’attention. À quitter momentanément l’analyse permanente pour revenir vers les sensations, le corps, l’imaginaire et l’expérience du présent.

Cela peut passer par la respiration, les points d’appui, les perceptions sensorielles, l’imagerie mentale ou encore des métaphores adaptées à la personne.


La pensée peut être là sans déclencher forcément la même réaction.


Il peut y avoir un peu plus de distance. Un peu moins d’automatisme. Et parfois suffisamment de sécurité intérieure pour que le mental n’ait plus besoin de tout anticiper en permanence.

Pour certaines personnes, ce travail peut aussi être soutenu entre les séances par des exercices simples ou des audios guidés. C’est dans cet esprit que j’ai créé Point d’appui, un espace d’hypnoses audio destiné à retrouver davantage de présence et d’apaisement lorsque le mental s’accélère.



Ne plus avoir besoin de suivre chaque pensée jusqu’au bout


Retrouver du calme ne signifie pas ne plus jamais anticiper, ne plus douter ou ne plus ressentir de peur.

Une pensée peut apparaître sans devenir immédiatement un problème à résoudre. Elle peut être là. Et vous pouvez aussi revenir à votre respiration, à votre corps, à ce qui existe réellement autour de vous.


Ne plus avoir besoin de suivre chaque pensée jusqu’au bout.


Karine Talamon

Hypnothérapeute et Sexothérapeute à Neuilly-sur-Seine — consultations au cabinet et en visio.


Pour aller plus loin


Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir cette notion, les travaux d’Aaron T. Beck sur les pensées automatiques constituent une référence importante en psychologie cognitive.

Référence : Aaron T. Beck, Cognitive Therapy and the Emotional Disorders, 1976.

 
 
 

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Par Karine Talamon - crédit photos : Unsplash.com, Jeremy Lapak, Jon Tyson, Ken Cheung, Marek Piwnicki - crédit illustration : Undraw/XD, Katerina Limpitsouni.

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